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Evènements de Mars 2011
Evènements de mars 2011 & énergies : nous restons RESPONSABLES

 

Nous, SolarNet, producteur d’électricité solaire, restons RESPONSABLES en ce mois de mars 2011 :

  • Saluant la capacité, l’organisation, et le courage du peuple japonais face aux conséquences multiples du plus violent séisme enregistré là-bas, nous ne rentrerons pas dans la polémique naissante sur les installations nucléaires existantes ou futures. Un débat est évidemment nécessaire, mais ne pourra se tenir qu’une fois les populations secourues, les dégâts connus, et la situation en voie de réparation.

  • Notant que l’instabilité politique au Moyen-Orient et en Afrique perdure, voire s’accentue, nous ne sombrerons toutefois pas dans l’alarmisme sur la capacité de notre pays à s’approvisionner en hydrocarbures ou uranium, ni n’insisterons sur les possibles usages militaires ou délinquants de l’atome.

En tout état de cause, nous, citoyens français héritiers de décisions prises il y a plus de 35 ans par nos gouvernants d’alors pour l’équipement massif dans le nucléaire, resterons RESPONSABLES devant les générations futures des conséquences de ces décisions qui ont eu des avantages (coûts) et des inconvénients (déchets, centralisation à outrance, bouquet énergétique peu diversifié) :

  • d’ores et déjà, la question des déchets nucléaires est identifiée, en espérant que les futures difficultés liées à l’énergie atomique resteront confinées à ce sujet ;

  • en préparation aujourd’hui, ce seront les infrastructures et les pratiques énergétiques en place que devront gérer nos descendants : réseau centralisé ou flexible, bâtiments plus ou moins bien isolés, véhicules et chauffages plus ou moins efficaces, etc. pour beaucoup ces investissements ont des durées de vie de dizaines d’années.

Aussi, nous attendons de nos dirigeants aujourd’hui qu’eux aussi restent RESPONSABLES car gouverner, c’est prévoir, et les signaux avancés accumulés ces dernières années sont très clairs : ils devraient conduire à infléchir notre politique énergétique :

  • La donne géopolitique a changé : si l’intensité énergétique des économies a baissé, si des réserves fossiles comme le charbon perdurent et sont bien réparties, à la différence d’il y a 35 ans la menace ne pèse plus autant sur l’accès aux ressources mais bien sur le climat. Pour éviter un dérèglement climatique insoutenable, le monde entier doit dé-carboner sa production et consommation d’énergie. Quels que soient les aléas économiques, politiques, ou naturels, cet impératif de long terme ne doit pas passer au second plan ;

  • Le prix de l’électricité « classique » va monter : les considérations électorales ne sauraient justifier plus de retard, alors que les coûts de production (EPR, centrales d’appoint au gaz ou fioul, renforcement du réseau et de la sécurité, coûts de démantèlement) grimpent tous ;

  • En revanche, le prix de revient des ENR baisse : l’éolien terrestre est maintenant compétitif, et le prix du kWh photovoltaïque (déjà divisé par 10 en 40 ans, et dont la baisse se poursuit à l’aune des investissements) s’approche du prix de vente par les distributeurs. Quand une alternative économique crédible existe aujourd’hui, quand sondage après sondage les français se prononcent en faveur des ENR et en particulier du solaire, ne pas investir plus -ou favoriser l’investissement- en France pour accélérer cette baisse, s’assurer un approvisionnement énergétique produit localement et créer des emplois, serait faire preuve d’aveuglement coupable ;   

  • Le stockage se développe (nos constructeurs automobiles sont en pointe sur les voitures électriques), il faut l’encourager, et repenser l’organisation du réseau vers plus de décentralisation et d’autonomie au niveau local : couplé à des installations de production réparties, proches des lieux de consommation, cela rend l’approvisionnement moins vulnérable que des grosses centrales éloignées. SolarNet soutient cette vision et travaille sur de tels projets, qu’il est nécessaire de multiplier massivement ;

  • La sobriété est plus que jamais indispensable : il convient de réactiver la « chasse au Gaspi », et ne pas relâcher la pression sur les consommations injustifiables. Le Grenelle du bâtiment et la mise en place des bâtiments Basse consommation ou à Energie positive, la suppression des lampes à incandescence, etc. sont de bonnes mesures mais il faut aller plus loin : les constructeurs automobiles nous promettent des voitures sportives à faibles émissions, pourquoi ne pas les rendre obligatoires d’ici 5 ou 10 ans ? De même, combien de galeries ou centre de traitement de données sont des passoires énergétiques ? Le code de l’urbanisme devrait rendre obligatoire une meilleure performance énergétique de tous les bâtiments en construction (le Grenelle y mène) et surtout en rénovation : isolation, chauffe-eau solaire, niveaux de performance minimum pour les immeubles commerciaux, etc. On l’a vu pour le tabac ou la sécurité routière, sans mesures contraignantes on se trouve toujours des échappatoires, donc n’attendons plus !

En résumé, face aux interrogations du moment sur l’énergie, en nous abstenant de polémiquer nous restons et resterons responsables. A nos gouvernants de montrer qu’en ces temps troublés eux aussi le restent : au-delà des grands principes affichés, l’heure n’est plus aux demi-mesures et maintien du statu quo ante mais bien l’adoption d’un modèle énergétique renouvelé, ambitieux et partagé par tous.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ministres et Parlementaires, sur la question énergétique saurez-vous transformer la situation actuelle de crise potentielle en réelle opportunité pour notre pays ?