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Un rayon d'espoir pour la filière PV en France ?
 

2013 : des perspectives un peu plus prometteuses ?

 

Après des annonces à l'automne dernier, enfin quelques détails en ce début d'année...

Cela faisait plus de deux ans que la filière photovoltaïque française désespérait de ses tutelles : depuis l'instauration d'un moratoire fin 2010, suivi d'une pseudo-concertation puis d'un étranglement systématique du marché, les professionnels voyaient leur activité se réduire comme une peau de chagrin. La principale raison : un plafonnement arbitraire de la capacité totale à installer chaque année, alors que le prix des matériels a continué de baisser et que les problématiques de coût de l'électricité solaire pour les consommateurs auraient pu être traitées en fixant une enveloppe financière à respecter plutôt que de brider les quantités. Résultat : entre fin 2010 et fin 2012, la perte de plusieurs milliers d'emplois, sans beaucoup de bruit car les entreprises concernées ne sont pas des grands groupes...

Le changement de gouvernement laissait espérer un changement d'attitude vis-à-vis du solaire, pour en faire une vraie composante d'un rééquilibrage nécessaire des moyens de production de l'électricité. Des mesures d'urgence avaient été annoncées par la nouvelle Ministre Delphine Batho en octobre 2012, et certains détails ont enfin été communiqués le 7 janvier (voir sur : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Relance-de-la-filiere.html ). On attend maintenant les décrets d'application. Retenons d'ores et déjà que l'objectif annuel d'installation est doublé, et que la baisse accélérée des tarifs de rachat est freinée.

Les conditions actuelles de rachat de l'électricité photovoltaïque ne sont plus aussi intéressantes : tant mieux, elles n'attirent plus les "chasseurs de primes" qui ont pu faire une mauvaise réputation à la filière (l'un des principaux spéculateurs se trouvant d'ailleurs dans le giron même de l'opérateur historique de l'électricité, où ses équipes ont développé des méga-projets en contournant l'esprit de la loi...).Mais elles permettent toujours de développer des projets de centrales à taille raisonnable sur bâtiments, par exemple dan le cadre de réfection de toiture, désamiantage, ou construction nouvelle.

Surtout, une nouvelle période de concertation ("encore une" diront les cyniques) s'ouvre dans le cadre du débat national sur l'énergie, et des pistes telles que l'autoconsommation ont été évoquées par la Ministre : souhaitons que cette concertation soit plus réelle que celles qui se sont tenues par le passé, et que de vrais idées nouvelles en sortent. Il était temps, car la baisse du prix des centrales rend leur électricité de moins en moins chère, et certains consommateurs pourraient être tentés de limiter leurs factures en faisant de l'autoconsommation "sauvage" : pour la sécurité des installations et du réseau, autant accompagner et encadrer le mouvement plutôt qu'il ne se développe de façon anarchique...

Ces nouvelles perspectives doivent être replacées dans le contexte d'un marché mondial du solaire qui continue de croître à très grande vitesse. Certains producteurs de modules souffrent des fortes pressions à la baisse sur les prix, mais alors que les panneaux chinois étaient destinés presque intégralement à l'export il y a encore cinq ans, ils sont devenus suffisamment abordables aujourd'hui pour que la Chine devienne probablement le premier marché mondial pour l'installation de centrales en 2013. Et certains pays du Golfe Persique ont annoncé vouloir s'équiper de capacités de production d'électricité solaire à des échelles gigantesques (100MW y devenant un petit ticket pour un projet de centrale).

Dans ces conditions, alors que la France a été l'un des pionniers mondiaux de l'énergie solaire et comptait encore il y a 10 ans deux entreprises dans le "Top 10" mondial du secteur (secteur dont la taille a presque centuplé depuis 2000 !), il semblerait que nos gouvernants aient enfin compris qu'il existe d'énormes possibilités à l'exportation pour le savoir-faire français dans  ce domaine, mais qu'une vitrine nationale sur le territoire est nécessaire pour mettre en valeur les capacités du solaire tricolore vis-à-vis de prospects étrangers. Mieux vaut tard que jamais, et souhaitons que 2013 puisse voir enfin la renaissance de la filière française du solaire pour tirer tout le parti d'une énergie non seulement propre mais aussi éminemment souple et aujourd'hui compétitive.